Ce que fait la maison
- Cadrer le problème avec vous.
- Recruter un panel de personas qui se contredisent.
- Dérouler un atelier structuré sur ce panel.
- Éprouver la synthèse avant de vous la remettre.
- Produire une note de décision défendable.
Documentation de la maison
Ce manuel décrit la maison telle qu'elle fonctionne aujourd'hui - non ce qu'elle promet de devenir. Pièce par pièce : la philosophie qui la tient, la mécanique de chaque agent, les fichiers où tout se dépose, et la mesure honnête de ce que penser coûte à la planète.
Armance est un logiciel libre qui s'installe sur votre machine. Une petite maison d'agents y délibère sur vos documents : Armance cadre, Malik recrute, Kim orchestre, Mona distille, Serge éprouve. Le présent manuel en démonte le mécanisme - il s'adresse autant au curieux qui veut comprendre comment c'est fait qu'à l'utilisateur qui veut savoir où vont ses fichiers. Tout ce qui est décrit ici est observable dans le dépôt public.
I
Un cerveau, pas des mains.
La plupart des outils d'IA sont des faiseurs : ils courent vers une réponse unique, puis vous demandent de la publier. C'est la mauvaise forme pour les minutes les plus dures du travail de fond - cadrer une question ambiguë, choisir entre deux directions plausibles, éprouver un plan avant de s'engager, réconcilier des avis d'experts contradictoires. Ces minutes ne sont pas limitées par le débit ; elles sont limitées par le jugement.
Armance est construite pour ces minutes-là. Elle n'écrit pas votre code, n'envoie pas vos courriers, ne pousse rien nulle part. Elle réunit plusieurs perspectives compétentes, les fait se contredire utilement, et vous remet une note que vous saurez défendre. La décision - et le geste - restent à vous.
La métaphore n'est pas décorative : Armance modélise une maison de conseil miniature, dont vous êtes la direction. Chaque agent permanent y tient un contrat étroit et vérifiable - c'est cette étroitesse qui rend le système lisible, testable, et digne de confiance. Cinq membres du personnel se partagent la maison ; aucun ne se recrute lui-même.
Toute fonctionnalité, présente ou à venir, est jugée contre cinq règles non négociables :
.armance/ est le système. Aucune base de données ne porte l'état principal ; le SQLite de la recherche sémantique ne sert qu'au rappel.
II
Ce qui se passe quand vous appuyez sur Entrée.
Tout, dans Armance, se demande en langage naturel - « Malik, recrute deux historiennes » suffit. Les commandes à barre oblique (/save, /workflow run…) existent, mais ce sont des alias. Voici le chemin exact d'un tour de parole :
Votre message est routé vers le bon interlocuteur : une mention @Nom change d'agent, sinon le message va à l'agent courant. Le routeur (dispatch_input) est la seule porte d'entrée du service.
L'agent assemble son prompt système par couches : sa fiche persona (un fichier Markdown), la surcouche de langue (chaque agent vous répond dans la langue choisie à l'installation), les passages pertinents extraits de vos documents, le brief du projet une fois gelé, et le trombinoscope de l'équipe recrutée.
L'appel au modèle passe par un grand livre de jetons (token ledger) : chaque jeton entrant et sortant est compté, chiffré en euros et en empreinte, et consigné dans la session. Si la réponse est coupée pour cause de longueur, elle est automatiquement poursuivie.
Une réponse d'agent ne peut agir sur le monde que par des balises explicites - [EXECUTE:/save], [EXECUTE:/recruit], [EXECUTE:/workflow-run:…]. Chaque rôle dispose d'une liste blanche : Armance peut geler le contexte, Malik peut embaucher, Kim peut lancer un atelier - et rien d'autre. Une balise hors liste est retirée et journalisée. Trois garde-fous s'appliquent à toute réponse : suppression des appels d'outils hallucinés, coupe des radotages, filtrage des balises non autorisées.
La conversation est ajoutée à sessions/<id>/conversation.md - du Markdown que vous pouvez rouvrir dans n'importe quel éditeur - et le grand livre est persisté à côté.
Pourquoi des balises plutôt que des outils
C'est un choix de sûreté : l'unique façon pour un agent de produire un effet de bord est une balise textuelle, visible dans sa réponse, vérifiée contre sa liste blanche, interceptée par du code ordinaire. Pas d'appel d'outil opaque, pas de privilège implicite - la frontière entre dire et faire reste inspectable dans le fichier de conversation.
III
La Tisserande. Elle écoute, relie, et n'invente rien.
Armance est l'hôtesse : c'est elle qui vous accueille à l'ouverture, elle qui pose les questions de cadrage - quel public, quelle contrainte, quel horizon - et elle qui tient la mémoire du projet. Sa règle de conduite est stricte : quand un détail lui manque, elle vous le demande ; elle ne comble jamais un blanc par une invention.
Vos documents (PDF, DOCX, Markdown, texte) se déposent dans .armance/docs/. Armance en propose alors deux lectures distinctes :
L'index vit dans .armance/vector/ (une base sqlite-vec accompagnée d'un manifeste listant ce qui est indexé). Retirer un document de l'index est aussi simple que l'y mettre - et rien de tout cela ne quitte votre machine.
Pendant que vous dialoguez, Armance tient un cache de contexte : un fichier (context/cache.md) où elle note, au fil de l'eau, ce qui mérite d'être retenu - une contrainte que vous venez d'énoncer, un choix arrêté, une nuance qui déplace le projet. Quand ce cache devient substantiel (au-delà d'environ 1 500 caractères), elle vous propose de geler.
Geler (/save, ou simplement accepter sa proposition), c'est compiler le cache et le brief précédent en une nouvelle version du brief de projet - le contexte L0. Chaque gel crée un fichier daté et numéroté (context/L0/v<N>_<date>_<titre>.md) ; rien n'est écrasé, l'historique de votre pensée reste consultable version par version. Et si vous quittez brusquement (Ctrl+C deux fois), Armance propose un gel rapide du tampon en cours, sans appel au modèle - pour ne rien perdre.
La mémoire du projet est étagée, pour que chaque agent reçoive juste ce qu'il lui faut :
Toutes ces couches sont des fichiers Markdown versionnés dans .armance/context/, tenus par un manifeste. Lors d'un atelier, chaque spécialiste reçoit L0, plus le L1 de son rôle, plus le L2 de son étape, plus les passages pertinents de la bibliothèque - et rien d'autre. C'est ainsi que la maison reste économe : on ne fait pas relire tout le dossier à tout le monde à chaque tour.
IV
Le dénicheur. Il embauche des désaccords.
Quand le brief est posé, Malik lit et propose des rôles : de quels regards ce projet a-t-il besoin - une urbaniste, un économiste rural, une historienne de l'art ? Puis, pour chaque rôle, il fait une chose que les autres outils ne font pas : il recrute des personas qui s'opposent le long d'un axe signifiant pour le rôle. Positiviste contre révisionniste chez les historiennes ; croissance contre image de marque chez les marketeurs ; livrer-vite contre rigoriste chez les ingénieures. Le frottement n'est pas un accident - il est calibré.
Chaque spécialiste reçoit une fiche d'environ deux cents mots : une trajectoire, une manière de parler, des convictions - et des refus. Les prénoms sont puisés dans un vivier international ; deux personas trop semblables sur le même axe sont détectées et régénérées. Ce soin n'est pas cosmétique : une persona riche et située produit des arguments plus francs, plus divergents, plus utiles qu'un « expert » générique.
Avant d'embaucher, Malik présente son plan : pour chaque agent, le fournisseur et le modèle qui l'animeront. Vous pouvez ajuster chaque ligne. Par défaut, il respecte votre réglage de budget - en mode free-first, il privilégie les modèles effectivement gratuits (les modèles :free d'OpenRouter, l'abonnement Claude). Les modèles disponibles sont découverts en direct auprès de chaque fournisseur - prix, fenêtre de contexte, capacité de raisonnement - jamais tirés d'un catalogue figé. Et la maison veille à la diversité des familles : faire critiquer un texte par le modèle qui l'a écrit, c'est demander à un auteur de se relire avec complaisance (voir chapitre VII).
Quand vous validez, Malik émet [EXECUTE:/recruit] et chaque spécialiste devient un fichier : .armance/agents/<Prénom>.md, avec un en-tête YAML (rôle, fournisseur, modèle) et son prompt de persona en corps. Vous pouvez l'ouvrir, le corriger, le versionner. Congédier un agent ne détruit rien : sa fiche part aux archives (.archive/), d'où elle peut revenir. Les cinq membres du personnel, eux, sont permanents - system-*.md - et ne se recrutent jamais eux-mêmes.
En une phrase
Malik transforme votre brief en un panel de fichiers Markdown - des voix incarnées, contradictoires à dessein, chacune montée sur le modèle que vous avez accepté de lui payer.
V
L'orchestratrice. Le processus est son art ; le contenu ne lui appartient pas.
Kim ne donne jamais d'avis sur le fond. Elle conçoit et conduit les ateliers - les workflows : qui parle, dans quel ordre, en parallèle ou en série, et où la délibération doit s'arrêter pour vous attendre. Sa méthode de conception tient en quatre temps, toujours les mêmes :
Une seule question - « quel objectif souhaitez-vous atteindre ? » - et elle s'arrête. Pas de tunnel de questions.
Elle propose l'un de trois gabarits - court, standard ou approfondi - nomme les rôles génériques dont l'atelier a besoin, et distribue chaque rôle à un agent existant : la mobilité interne prime sur l'embauche. Si un rôle manque et qu'aucun agent ne peut s'étirer jusqu'à lui, elle passe la main - « @Malik, peux-tu recruter… » - et s'arrête.
Sur votre accord, un dialogue de conception affine étape par étape : entrées, sorties, points d'arrêt. Le résultat est un fichier YAML lisible dans .armance/workflows/ - un graphe d'étapes (DAG) que vous pouvez relire, modifier, réutiliser de projet en projet.
Avant de lancer, la maison affiche une estimation de coût et attend votre accord. Un contrôle de santé signale - sans jamais interdire - les configurations fragiles, par exemple une critique confiée à la même famille de modèles que la rédaction. Puis les étapes s'exécutent, niveau par niveau : tout ce qui peut être mené de front l'est, en parallèle. À la fin, Kim vous oriente vers Mona pour la synthèse.
Chaque atelier se lance dans l'un de deux modes, et cette distinction gouverne tout ce que vous pouvez attendre du résultat :
L'atelier marque des points d'arrêt (checkpoints) où la délibération se suspend et vous consulte : un arbitrage, une préférence, un fait que vous seul connaissez. Les spécialistes travaillent sous une politique anti-hallucination stricte - quand un fait leur manque, ils émettent QUESTION: ou HYPOTHÈSE: plutôt que d'inventer. Vos réponses sont intégrées séance tenante.
L'atelier va au bout sans vous. Aux points d'arrêt, Mona répond à votre place - mais chacune de ses décisions est marquée Hypothèse (Mona) et consignée au registre des hypothèses (assumptions.md). Sur un arbitrage critique, elle refuse de deviner et vous renvoie la question. Chaque point d'arrêt enregistre qui a répondu : vous, ou elle.
Chaque exécution crée son propre dossier - .armance/exports/<atelier>/run-<horodatage>/ - contenant la sortie brute de chaque étape, la synthèse, la trace de délibération et un manifeste (statut, jetons et durée par étape). Rien n'est jamais écrasé : un index recense toutes les exécutions passées, et vous pouvez en faire comparer deux par Mona pour voir ce qui a changé entre deux versions de votre pensée.
VI
La Distillatrice. La seule qui lit tout, de bout en bout.
Quand le panel a délibéré, Mona lit l'ensemble - c'est la seule de la maison à voir le contenu de bout en bout. Elle aligne les convergences, nomme les frictions, verbalise les non-dits, et rédige la note que vous emporterez. Mais sa vraie singularité est ailleurs : elle vous rend le processus, pas seulement le résultat.
Chaque exécution produit, à côté de la synthèse, un registre des arguments : ceux que le panel a retenus et ceux qu'il a rejetés - avec, pour chacun, qui l'a proposé, qui l'a rejeté, pourquoi, et la source sur laquelle il s'appuyait. L'interface web le rend en deux colonnes ; les arguments rejetés restent visibles, barrés, avec leur motif de rejet. Une synthèse dont on peut inspecter les déchets est une synthèse qu'on peut croire.
S'y ajoute la trace lisible de la délibération : quels arguments ont tenu, lesquels ont été abandonnés, lesquels ont été adoptés d'un pair, quelles objections Serge a levées et comment elles ont été traitées. Le tout en fichiers ordinaires (arguments.json, sources.json, trace.md) dans le dossier de l'exécution.
La note finale s'exporte d'une commande - Markdown, DOCX, PPTX, et PDF si l'option est installée - vers .armance/exports/. Mona peut aussi verser une de ses notes à la bibliothèque, où elle redevient un document comme un autre : indexable, opposable, réutilisable dans le projet suivant. Ainsi la maison apprend d'elle-même - par fichiers, jamais par magie.
VII
Le critique. Le consensus est un bogue ; il est le correctif.
Serge entre quand la synthèse est écrite - jamais avant. Son mandat est étroit et sans appel : chercher la faille honnête. L'hypothèse non examinée, l'argument tabou, l'angle mort que la synthèse a lissé. Sa critique suit un format fixe en quatre blocs - ce qui tient, ce qui casse, les contre-exemples, ce qu'il faudrait vérifier - pour que sa sévérité soit exploitable, pas seulement spectaculaire.
C'est la contrainte dure du personnage : Serge tourne sur une famille de modèles délibérément différente de celle qui a produit la synthèse. Un modèle qui relit sa propre prose retrouve ses propres plis - mêmes angles morts, mêmes complaisances. Avant chaque atelier, la maison vérifie cette diversité et vous avertit si votre configuration ne peut pas la garantir (un seul fournisseur configuré, par exemple). L'avertissement ne bloque jamais : l'atelier reste votre choix.
Un filet de sécurité veille après chaque exécution : si le panel a convergé trop docilement - pas de vraie contradiction, pas d'objection substantielle - Serge est convoqué d'office, même si l'atelier ne le prévoyait pas. Ses objections sont consignées au registre, et la synthèse doit y répondre. Une idée qui survit à Serge est une idée que vous pouvez signer.
VIII
Tout est fichier. Tout est chez vous.
Il n'y a pas de nuage Armance, pas de compte, pas de base de données cachée. Un projet Armance est un dossier .armance/ à la racine de votre projet - et ce dossier est le système. Le voici, annoté :
.armance/
docs/ vos documents (PDF, DOCX, MD, TXT)
vector/ index sémantique local (sqlite-vec) + manifeste
agents/
system-*.md le personnel permanent (Armance, Malik, Kim, Mona, Serge)
<Prénom>.md les spécialistes recrutés par Malik
workflows/ les ateliers conçus avec Kim (YAML, un graphe par fichier)
context/ la mémoire étagée : cache.md + L0 / L1 / L2 versionnés
reports/ notes d'agents versionnées
sessions/<id>/ état, grand livre des jetons, conversation.md
exports/<atelier>/ une exécution = un dossier run-<horodatage>, jamais écrasé
config.yaml réglages non secrets (fournisseurs, modèle, langue, budget)
.env clés d'API - jamais versionné
Markdown est la source de vérité ; le seul SQLite de la maison sert au rappel vectoriel, et il se reconstruit à volonté depuis vos documents. Conséquences pratiques : vous pouvez sauvegarder un projet en copiant un dossier, le versionner avec git, lire chaque décision dans un éditeur de texte, et quitter Armance sans rien perdre - les fichiers restent.
La maison parle à quatre fournisseurs, au choix (et en mélange) : OpenRouter (le départ le plus simple - son palier gratuit fait tourner Armance de bout en bout), Claude via un abonnement Pro/Max (aucune clé d'API requise), Gemini, et tout point d'accès compatible OpenAI - y compris un Ollama local, auquel cas plus rien ne quitte votre machine, pas même les appels aux modèles. Les catalogues sont découverts en direct auprès de chaque fournisseur : prix, fenêtres de contexte, capacités. Le garde-fou budgétaire (budget_effort, plafond en euros par session) s'applique à tous.
Chaque séance de travail vit dans sessions/<id>/ : l'état courant, la conversation en Markdown, et le grand livre - jetons, coût, empreinte, agent par agent. À la relance, Armance retrouve la séance précédente et propose de la reprendre. Deux portes ouvrent sur la même maison : le terminal (armance run) et le navigateur (armance web - un seul processus local qui sert l'API et l'interface). Les fichiers écrits sont les mêmes des deux côtés.
Le logiciel lui-même est étagé en quatre couches - client (terminal, web), transport (messages), service (orchestration, agents, ateliers), cœur (modèles purs, sans entrées-sorties) - et une règle d'architecture unique : chaque couche n'importe que celles d'en dessous, ce qu'un outil de vérification fait respecter à chaque contribution. C'est ce qui permet d'ajouter une porte (le web) sans toucher aux murs. Le tout est publié sous licence AGPL-3.0 : quiconque exploite une version modifiée d'Armance en service réseau doit en publier les modifications.
IX
Penser a un coût physique. Le voici, calculé.
Une délibération consomme de l'électricité, émet du carbone, évapore de l'eau - même quand le calcul se passe sur un serveur que vous ne verrez jamais. Armance affiche ce coût en direct, à côté des jetons et des euros, dans le terminal comme dans le navigateur :
↑12,480 ↓3,210 $0.0418 · 🌱~2.4gCO₂e (~0,3 charge de téléphone) · 💧18mL
L'estimation repose sur EcoLogits, le modèle ouvert de l'association GenAI Impact - une analyse de cycle de vie au sens de la norme ISO 14044. Le calcul se fait entièrement hors ligne, sur votre machine : mesurer l'empreinte ne crée aucun trafic supplémentaire. Pour chaque réponse :
Quand le modèle exact n'est pas public (paramètres inconnus, architecture supposée), Armance affiche une fourchette honnête, marquée d'un ~ - jamais un faux chiffre précis. Une note « Méthode », à un clic, dit d'où vient chaque nombre.
Des grammes de CO₂e ne parlent à personne. Armance les traduit en équivalents sourcés à la Base Carbone de l'ADEME - charges de téléphone, kilomètres en voiture - jamais bricolés. Et chaque échange est journalisé avec son empreinte : des vues récapitulent le coût par jour, par mois, par séance, par agent - pour voir où va réellement l'énergie de votre pensée.
Le réglage budget_effort: optimised classe les modèles candidats par carbone croissant : à qualité comparable, la maison préfère le plus sobre. La sobriété devient un paramètre par défaut, pas un vœu pieux.
X
De la machine nue au premier atelier.
Deux prérequis, pas davantage : Python ≥ 3.11, et la clé d'un fournisseur de modèles - OpenRouter est le départ le plus simple, son palier gratuit fait tourner Armance de bout en bout sans dépense. Ensuite, une commande :
pip install armance l'installation de référence (PyPI)
pipx install armance variante isolée - identique à l'usage
uv tool install armance idem, pour qui a uv
L'installation de base contient tout : le terminal (TUI), l'interface web, la recherche sémantique, les quatre fournisseurs, les exports Markdown, DOCX et PPTX, et la mesure d'empreinte. La seule option est l'export PDF (pip install 'armance[pdf]'), car il dépend de bibliothèques natives que pip ne sait pas installer ; sans elles, Armance saute le PDF avec un message clair - elle ne plante jamais.
Le site propose aussi un script d'amorçage (curl -fsSL https://armance.io/install.sh | sh sous Linux et macOS, un équivalent PowerShell sous Windows). Il ne fait rien d'occulte : il vérifie Python, installe pipx au besoin, installe Armance depuis PyPI, et pose un raccourci d'application - le tout dans votre compte utilisateur, sans droits administrateur.
Laisser un agent installer pour vous
Le fichier INSTALL.md du dépôt est écrit pour être lu par un agent d'ingénierie. Le prompt qui fonctionne : « Installe Armance depuis le dépôt armance-io/armance en suivant son INSTALL.md. » L'agent vérifie Python, installe, contrôle avec armance doctor, et crée votre premier projet.
mkdir mon-projet && cd mon-projet
armance init dialogue guidé - voir ci-dessous
armance run ouvre le terminal (TUI)
armance web ou la même maison, dans le navigateur
armance init pose ses questions une à une : les fournisseurs à activer (multi-choix), leurs clés d'API (rangées dans .armance/.env, jamais versionnées), le modèle par défaut, l'effort budgétaire, la langue de la maison (détectée depuis votre système, tous les agents la parleront), le modèle d'empreintes sémantiques pour la bibliothèque (passable, configurable plus tard), et la zone électrique pour l'estimation carbone (par exemple FRA). Déposez ensuite vos documents dans .armance/docs/, et la maison vous attend.
Deux commandes de bon voisinage : armance doctor ausculte l'installation (configuration, joignabilité des fournisseurs, index sémantique, chaîne d'exports, grand livre) et dit ce qui manque ; armance web sert l'API et l'interface dans un seul processus local (http://127.0.0.1:8000), passe en arrière-plan, et s'arrête d'un armance stop - depuis n'importe quel dossier. Il n'y a qu'un serveur pour tous vos projets : le navigateur ouvre un lanceur, et vous choisissez le projet.
XI
Deux fichiers, éditables à la main, rien de caché.
Toute la configuration tient en deux fichiers créés par armance init : .armance/config.yaml pour les réglages non secrets, .armance/.env pour les clés d'API. Les deux s'éditent à la main ; un changement prend effet à la prochaine session. Une variable posée dans votre shell l'emporte sur la valeur du .env.
config.yaml| Champ | Défaut | Rôle |
|---|---|---|
default_provider |
openrouter |
Fournisseur de tous les agents, sauf surcharge par agent. |
default_model |
choisi à l'init | Modèle par défaut. Surcharge par agent via l'en-tête de sa fiche .md. |
budget_effort |
free-first |
Garde-fou de coût : free-first (gratuit d'abord), low / medium / high, adaptive, ou optimised (le plus sobre en carbone d'abord). Modifiable en séance via /effort. |
budget_cap_usd |
null |
Plafond dur, en dollars, par session. null = pas de plafond. |
language |
choisie à l'init | en / fr / es / de / zh / ja - tous les agents répondent dans cette langue. |
embedding_providerembedding_model |
choisis à l'init | Le couple qui fabrique les empreintes sémantiques de la bibliothèque. Vide = recherche sémantique désactivée. |
rerank_providerrerank_model |
"" |
Reclassement optionnel des résultats (croiseur-encodeur, par exemple bge-reranker-v2-m3). Vide = ordre vectoriel simple. Un échec de reclassement dégrade silencieusement vers l'ordre vectoriel. |
rerank_candidate_k |
20 |
Candidats remontés par le rappel vectoriel (étape 1). |
rerank_keep_n |
5 |
Feuillets conservés après reclassement (étape 2). |
log_level |
INFO |
DEBUG, INFO, WARNING, ERROR. |
prices |
{} |
Surcharge des prix par modèle, quand le fournisseur n'en publie pas : {mon-modele: {input_per_mtok: 1.0, output_per_mtok: 5.0}}. |
.env| Variable | Fournisseur | Note |
|---|---|---|
OPENROUTER_API_KEY |
openrouter |
Se crée sur openrouter.ai. OPENROUTER_BASE_URL pour changer de point d'accès. |
GEMINI_API_KEY |
gemini |
Google AI Studio. GEMINI_BASE_URL pour changer de point d'accès. |
ANTHROPIC_API_KEY |
claude-code |
Facultative : l'abonnement Claude s'authentifie sans clé. La clé n'active que la découverte de modèles en direct. |
CUSTOM_OPENAI_API_KEYCUSTOM_OPENAI_BASE_URL |
custom-openai |
N'importe quel point d'accès compatible OpenAI - par exemple http://localhost:11434/v1 pour un Ollama local. |
Le même paramètre se règle à trois altitudes, de la plus durable à la plus volatile : le fichier (config.yaml - vaut pour le projet), la fiche d'agent (l'en-tête YAML de agents/<Nom>.md - un fournisseur et un modèle propres à cet agent, c'est ainsi que Serge tourne sur une autre famille), et la séance (/model et /effort changent le modèle et l'effort de raisonnement sans rien écrire). En cas de conflit, le plus proche du moment gagne.
XII
Comment obtenir chaque chose - en une phrase ou une commande.
Tout se demande d'abord en langage naturel - « Malik, recrute deux historiennes », « indexe le rapport », « exporte en DOCX ». Les commandes ci-dessous sont les alias exacts de ces gestes, pour qui préfère la précision du clavier :
| Commande | Effet |
|---|---|
@Nom · /switch <agent> | Adresser le tour à un agent précis. |
/save | Geler le contexte courant en une nouvelle version du brief (L0). |
/library index · load <fichier> · status | Indexer la bibliothèque, charger un document en entier, voir l'état de l'index. |
/workflow design <nom> | Ouvrir le dialogue de conception d'atelier avec Kim. |
/workflow run <nom> | Exécuter un atelier (mode interactif ou autonome). |
/workflow list · compare <r1> <r2> | Lister les exécutions passées ; en faire comparer deux par Mona. |
/deliverable md · docx · pptx · pdf | Exporter la dernière synthèse en livrable. |
/report | Persister la dernière réponse en note versionnée. |
/export claude · opencode · cline · roo | Émettre les fiches d'agents au format d'un autre outil. |
/model · /effort | Changer de fournisseur ou de modèle ; régler l'effort de raisonnement. |
/help · /quit | L'aide ; la sortie (avec proposition de gel du contexte). |
.armance/docs/ et demandez à Armance de l'indexer. Les passages pertinents remonteront d'eux-mêmes dans chaque délibération - inutile de le coller dans la conversation./library load <fichier> - le texte intégral est injecté au tour suivant. À réserver aux textes dont chaque ligne compte : un brief, un contrat./model change le modèle de la séance. Pour un seul agent - donner un modèle plus fort à Mona, plus sobre à un spécialiste - demandez à Malik, ou éditez l'en-tête de sa fiche agents/<Nom>.md.budget_effort: free-first (rester sur le gratuit), budget_cap_usd (plafond dur par session), et l'estimation pré-vol affichée avant chaque atelier - rien ne se lance sans votre accord sur le devis.armance run dans le même dossier : la maison retrouve la session, affiche son âge et son volume, et propose de reprendre. Tout est dans sessions/<id>/, rien ne se perd entre deux jours.custom-openai avec CUSTOM_OPENAI_BASE_URL=http://localhost:11434/v1. Documents, index, délibérations et appels aux modèles : tout reste sur la machine./deliverable docx (ou pptx, md, pdf avec l'option) - la synthèse mise en forme atterrit dans .armance/exports/./workflow list <nom> pour retrouver les exécutions, puis /workflow compare <nom> <run1> <run2> : les deux dossiers sont versés à Mona, qui vous rend le différentiel argumenté./export claude (ou opencode, cline, roo, all) traduit les fiches d'agents au format de l'outil visé - vos personas continuent d'exister ailleurs, puisqu'elles ne sont que des fichiers.armance doctor, d'abord : il vérifie la configuration, la joignabilité de chaque fournisseur, l'index sémantique, la chaîne d'exports et le grand livre, et nomme ce qui manque. Ensuite seulement, les journaux (log_level: DEBUG).Ce manuel décrit la version publiée d'Armance ; il est mis à jour quand la maison change, jamais avant. Tout ce qu'il affirme se vérifie dans le dépôt public - le code, les invariants d'architecture et les documents de vision y font foi.
Logiciel libre sous licence AGPL-3.0. Vos documents ne quittent pas votre machine ; seuls les appels aux modèles que vous configurez sortent - et avec un modèle local, rien ne sort du tout.